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Renouer avec la terre et les autres, travailler, créer, se cultiver, bricoler, habiter ensemble, développer son autonomie et sa réflexion ou manger dans une cantine conviviale… De multiples endroits, à travers l’Europe, proposent d’autres façons de « faire société ». Visite guidée dans quelques coins de Wallonie, où même hors des grandes villes fleurissent ces « tiers-lieux ». Première étape à Court-Saint-Etienne.
L’engouement autour des plantes sauvages et comestibles est de plus en plus marqué. Avec quel impact sur le vivant ? Ci et là, les dérives existent… Et la récupération commerciale n’est jamais loin. Aujourd’hui, l’ail des ours en fait les frais.
Force transformative de la vie des individus, l’amitié demeure un impensé, voire une voie secondaire dans notre société familialiste. Le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie convoque sa relation avec Edouard Louis et Didier Eribon pour proposer un manuel de vie féconde qui serait nourrie par des relations non domestiques ou parentales. Un vibrant plaidoyer politique, aussi.
Encourager les modes de vie sains ne pourra se faire sans des politiques de transition juste et en associant les citoyens les plus précarisés.
Pratique ancestrale, le glanage reprend en Wallonie. Malgré ses multiples atouts – manger local et de saison, lutter contre les pertes alimentaires, tisser des liens entre producteurs et consommateurs –, ce regain d’intérêt est toutefois le corollaire d’un millefeuille de crises. Entre la hausse des prix de l’énergie, les fins de mois impossibles, les conséquences du dérèglement climatique, les besoins criants en aide alimentaire… les affres de la vie se croisent au champ.
Emérite depuis le mois de février, l’anthropologue française Barbara Glowczewski a consacré sa vie de chercheuse aux Aborigènes et aux peuples autochtones. Ses deux derniers ouvrages – Réveillez les esprits de la Terre et Au bout de nos rêves – démontrent la puissance de l’imaginaire comme fondement de toute société et la communauté des luttes contre le colonialisme, l’accaparement des terres et l’extractivisme. Une parole libre et anti-capitaliste qui relie Nord et Sud face aux périls du siècle.
Philosophe et sociologue, Gilles Lipovetsky explore depuis quarante ans les ressorts et les travers de la postmodernité. Dans son dernier opus autour de la civilisation du « trop » et du « kitsch », il nous invite à comprendre cette mutation historique en la confrontant, en partie, aux urgences environnementales. Rencontre avec un penseur de la culture de masse et planétaire.
Philosophe et romancière, auteure de La dissociation paru au Seuil cet automne, Nadia Yala Kisukidi aime explorer les brèches et les imaginaires qui traversent les diasporas africaines en Europe. Inspirée par une bibliothèque philosophique et militante, elle se nourrit de l’histoire des indépendances, des expériences africaines et diasporiques pour proposer une autre histoire des luttes. Rencontre avec une intellectuelle traversée par l’imagination créatrice.
Aux abords du zoning industriel de Feluy (Hainaut), une quantité incalculable de granulés de plastique contaminent la faune et la flore de la région depuis plus de quinze ans. TotalEnergies et trois logisticiens pétrochimiques sont sur la sellette. Enquête autour d’un préjudice environnemental majeur désormais aux mains de la justice et d’un… conciliateur.
Economiste, philosophe, poète, écrivain, musicien… L’auteur sénégalais Felwine Sarr nourrit de son œuvre féconde une pensée décoloniale universaliste qui jette les bases d’un monde plus harmonieux où coexisteraient une diversité de cultures « à haute fréquence » et des communautés en lien avec le vivant. Ses deux derniers ouvrages, un dialogue avec Gaël Giraud sur L’économie à venir et son roman Les lieux qu’habitent mes rêves, esquissent ou renforcent les chemins possibles d’une autre humanité.
Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire fait face au double défi de la disparition des forêts et de la survie économique des producteurs. Restaurer le couvert forestier, développer des filières de qualité et soutenir les revenus des femmes constituent des priorités de plusieurs initiatives belges. Immersion au cœur du projet porté par Galler, Enabel, la Fondation Roi Baudouin et la coopérative Yeyasso.
Botaniste et biologiste de renommée internationale, Francis Hallé est aussi un esprit contemplatif, qui raconte les arbres, de leurs pieds à la canopée, avec un mélange de rigueur scientifique et d’émotion esthétique. Conversation avec ce spécialiste de l’écologie des forêts tropicales qui, du haut de ses 83 ans, cultive l’humilité et se bat avec conviction pour faire renaître une forêt primaire de 70 000 hectares située entre la France et un pays voisin à définir bientôt. Un territoire en libre évolution, sans intervention humaine, où la faune et la flore pourront s’épanouir durant plusieurs siècles.
L’aide alimentaire concernerait 600 000 personnes en Belgique. Le Covid n’a fait que renforcer leur nombre, mais les a aussi rendues visibles.
Tournant le dos aux « trois cimetières du 20e siècle » – le communisme, le fascisme et le capitalisme – l’écrivain et chercheur Camille de Toledo plaide pour un tournant écopolitique sur la base de sa passionnante expérience du Parlement de la Loire visant à donner une personnalité juridique au fleuve. Dialogue avec un artiste-pollinisateur qui essaime faute de pouvoir monter aux barricades.
Pendant le confinement, les consommateurs se sont tournés massivement vers le bio, le vrac et les circuits courts. Puis sont repartis vers la grande distribution, laissant des producteurs et des distributeurs obligés de lutter pour survivre, casser leurs prix, mais aussi se regrouper et réinventer leurs pratiques.
Alors que l’actualité nous fait prendre conscience de notre dangereuse dépendance au gaz russe, une autre faiblesse européenne se révèle de plus en plus prégnante et cruciale : notre consommation de minerais venus d’ailleurs.
En Europe, les législations sur le « devoir de vigilance » des entreprises se multiplient. Elles visent à empêcher les atteintes aux droits humains et à l’environnement causées par les activités commerciales. Les firmes donneuses d’ordre, leurs sous-traitants et leurs fournisseurs qui les commettraient auraient dès lors des comptes à rendre. Les avancées en la matière ne semblent toutefois pas à la hauteur des enjeux.
En vogue dans les traditions philosophiques et religieuses, la notion de sobriété est tombée en disgrâce au 18e siècle. Peu et mal définie, elle refait aujourd’hui surface : à demi-mot dans le dernier rapport du Giec, en lettres capitales à la Une des journaux. Plébiscitée par les uns, repoussée par les autres, cette notion implique entre autres de revoir nos modes de production et nos habitudes de consommation. A quoi faudra-t-il renoncer pour préserver ce qui peut encore l’être ? Et comment convaincre une partie de la population vivant déjà la sobriété qu’elle n’a pas choisie ? Réponses avec Agnès Sinaï, fondatrice de l’Institut Momentum, qui pense les politiques de l’Anthropocène, et spécialiste de la décroissance.
Vieille comme le monde, la culture du chanvre a longtemps été interdite, en raison de la confusion avec son cousin psychotrope : le cannabis. Aujourd’hui, cette culture revient en force. En Wallonie, les initiatives pour créer une nouvelle filière de production tâtonnent encore pour exploiter cette plante aux nombreuses vertus et débouchés.
Son nom est étroitement lié à celui de son frère, Thomas Sankara, premier président du Burkina Fasso libre, rebaptisé le « Che Guevara africain » et assassiné en 1987. Mais la révolution de Blandine, elle, s’est faite de manière non-violente, les mains dans la terre. Rencontre avec une agroécologiste militante, fondatrice de l’association Yelemani, invitée d’honneur du Festival Alimenterre cet automne.